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Exposition : SMITH – Ici grand ouvert

Affiche de l’exposition

SMITH est résolument un artiste qu’on ne range pas dans une simple catégorie. Photographe, plasticien, performeur, docteur en recherche-création, il défie depuis vingt ans toute tentative d’étiquetage. C’est à cette œuvre protéiforme et foisonnante que le MacVal de Vitry-sur-Seine consacre jusqu’au 30 janvier 2027 une manifestation d’envergure, intitulée « Ici grand ouvert », formule empruntée au philosophe Jean-Luc Nancy, inscrite en néons lumineux dès l’entrée, sonne comme une invitation.

Le visiteur qui franchit ce seuil lumineux entre dans un monde à part. Ni rétrospective au sens conventionnel, ni simple accrochage thématique, l’événement se définit lui-même comme une « rétro-prospective » : un terme qui dit bien l’ambition : regarder en arrière pour mieux projeter vers l’avant, faire cohabiter deux décennies de production sans les figer. Le commissaire Frank Lamy, complice de longue date de l’artiste, a conçu avec lui un espace sans cartels ni cimaises envahissantes, où les œuvres se répondent librement et évoluent ensemble. Rien n’est hiérarchisé.

deux panneaux n’ayant rien à voir cote à cote : un chat et une photo au thermogramme

Ce qui frappe d’emblée, c’est la palette de couleurs des thermogrammes de SMITH, captés à la caméra thermique depuis 2010, qui floutent les contours familiers des corps pour révéler ce qui circule en eux : chaleur, intensité, présence. Humains, animaux, végétaux et minéraux y apparaissent dans une même vibration, débarrassés de toute hiérarchie. La technologie, ici, n’est pas un gadget : elle est un outil philosophique, une façon de défaire les catégories que nous croyons naturelles.

L’œuvre de SMITH est celle du passage et de la mutation. Que ce soit du cycle photographique de Löyly (2007–2012) à Dami (2024), le fil conducteur est toujours le même : saisir l’instant où une forme bascule vers une autre. Cette obsession du seuil traverse l’ensemble du parcours avec cohérence, c’est d’autant plus frappant que les œuvres ne sont pas présentées dans l’ordre de leur genèse.

L’exposition est aussi, littéralement, un lieu de vie. L’atelier de l’artiste a été déplacé à l’étage du musée pour toute la durée de la manifestation permettant à de nouvelles pièces de naître et de rejoindre progressivement l’accrochage. Des lits sont mis à disposition du public pour une immersion pleinement corporelle.

Une des expériences artistiques les plus singulières de cette saison.

Au MacVal, Vitry-sur-Seine, jusqu’au 30 janvier 2027.

Thermogramme et superposition d’un arbre sur une silhouette

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