Concert classique

Turandot

Photo Charles Duprat

Dans une Chine médiévale, le prince de Perse doit mourir ce soir car il n’a pas résolu les trois énigmes posées par la princesse Turandot. Celui qui trouvera la clé de ces énigmes obtiendra la main de la princesse. La foule se presse pour l’exécution et renverse le vieux Timur, celui est relevé par Calaf, qui reconnait son père en Timur, le roi de Tartarie en exil, qui raconte à son fils retrouvé qu’il a été sauvé par Liu une esclave. L’exécution approche et la princesse Turandot parait… Calaf est sous le charme et décide d’aller faire retentir le gong qui annonce qu’un nouveau prétendant est là pour répondre aux énigmes. Va t’il réussir ?

Cette production à Bastille marque le retour de Bob Wilson presque 30 ans après Madame Butterfly et l’arrivée du nouveau Directeur musical Gustavo Dudamel qui triomphe avec cet opéra ‘inachevé’ de Puccini. Cette production lyrique promet un mandat riche et magnifique. Le public ne s’y trompe pas, il a ovationné le chef a de multiples reprises, sa direction est très soignée. Cette œuvre de Puccini construit un pont musical entre Europe et Asie et la mise en scène de Bob Wilson, qui date de 2018, continue de réunir les deux continents avec un sens esthétique si reconnaissable : barres de néons au sol, ‘tache’ de lumière sur les personnages, grands panneaux noirs,… Cette vision est assez clivante, soit on apprécie et du coup on passe sur ‘l’absence de mouvement’ des chanteurs (qui restent immobiles face aux spectateurs pour chanter et dont les déplacements sont extrêmement mesurés), soit on déteste et ‘l’absence de jeu’ des chanteurs est une épreuve supplémentaire.

Soulignons le travail brillant sur les costumes très réussis de Jacques Reynaud. Les costumes des gardes comme ceux des dignitaires sont sublimes.

Elena Pankratova qui incarne une princesse Turandot flamboyante comme sa tenue rouge sang, seule tache de couleur sur cette scène un peu trop grisâtre. Néanmoins sa voix qui distille des aigus clairs semble avoir du mal avec les graves de sa partition. Son jeu est réduit au minimum par le metteur en scène et cela amoindrie l’effet flamboyant. Calaf est campé avec amplitude par le ténor Gwyn Hughes Jones mais il semble essoufflé lors de son grand air du troisième et dernier acte ‘Nessun Dorma’ manque un peu de puissance. Lors des saluts ils sont applaudis mais sans chaleur excessive.

Photo Charles Duprat

Celle qui remporte tous les suffrages lors des saluts et les spectateurs l’ont applaudi à multiples reprises lors de ses solos, c’est Guanqun Yu qui est l’esclave Liù. Il faut dire que cette soprano possède des aigus cristallins et l’émotion perce dans sa voix. L’émotion, c’est sans doute ce qui fait le plus vibrer les spectateurs.

Les trois ministres Ping, Pong et Pang tirent aussi leur épingles du jeu. Alessio Arduini, Matthew Newlin et Jinxu Xiahou sont les seuls à avoir une vraie chorégraphie à exécuter tout en chantant à merveille pour apporter une touche de légèreté et d’ironie dans cette sombre histoire.

Carlo Bosi réussi l’exploit de chanter avec puissance comme l’empereur Altoum qu’il incarne alors qu’il est assis sur une balancelle à quelques mètres du sol. Le roi déchu Timur est porté par Vitalij Kowaljow qui fait passer beaucoup de sentiments par sa voix grave, notamment lorsqu’il accompagne Liù vers sa dernière demeure.

Dès la fin du spectacle, le chef et son orchestre sont applaudis avec vigueur, et dans le même temps des spectateurs partent sans attendre les saluts. Opéra clivant donc !

Jusqu’au 30 décembre 2021 à l’Opéra Bastille

 

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