Théâtre

Un conte de Noël

A Roubaix, Abel (Jean-Marie Winling) et Junon (Marie-Christine Orry) vivent depuis leur mariage dans une jolie maison. Il est teinturier, elle élève les quatre enfants qui sont nés. L’ainé, Joseph, est mort à l’âge de six ans de maladie sans pouvoir être sauvé par un don d’organe. Depuis, son fantôme hante la maison et particulièrement Henri (Stephen Butel), l’enfant conçu pour le sauver, mais en vain car incompatible, il est détesté par sa propre mère Junon. Élisabeth (Julie André), la fille ainée, et son brillant mari (Olivier Faliez) partagent cette haine, ils ont littéralement banni Henri des réunions de famille depuis 5 ans. Le dernier de la fratrie, le gentil Ivan (Eric Charon), sa belle femme Sylvia (Hélène Viviès), le neveu alcolo Simon (Jean-Christophe Laurier), et deux petits-enfants, déjà adolescents, complètent cette famille déchirée.

Ils vont se retrouver pour Noel car Junon est malade. Seule une greffe de moelle peut la sauver. Il faut que tous soient présents : Henri fait donc son come-back et sa présence souffle sur des braises qui raniment les passions et les haines.

Arnaud Desplechin, originaire de Roubaix, dissèque avec finesse les relations familiales : secrets refoulés, amours oubliés, colères intestines… Chaque faille est exploitée pour nous permettre d’entrer au cœur de cette cellule familiale dysfonctionnelle. Son écriture est acide et les répliques cinglantes fusent, faisant de ce texte qui a d’abord été un film, une base idéale pour une adaptation théâtrale.

C’est Julie Deliquet et le collectif In vitro qui ont pris possession du texte pour le monter sur les planches mais avec un style bien particulier : on y retrouve quasiment tous les dialogues du film, mais montés différemment. Etonnamment, l’histoire gagne en ampleur et sensibilité. Pendant 2h30, nous voilà dans l’œil du cyclone à regarder cette famille évoluer dans un dispositif bi frontal particulièrement agréable.

Les comédiens sont tous excellents, on assiste à une tranche de vie où chacun à un rôle bien précis. La disposition des meubles sur le plateau et les lumières nous donnent l’impression de changer de décor comme dans un film. Et puis c’est un conte de Noel, l’espoir est là.

Au TGP St Denis, jusqu’au 27 septembre 2020

Et en tournée :

Du 06 au 09 janvier 2021, Théâtre de Lorient, Centre dramatique national
Les 14 et 15 janvier, Scènes du Golfe, Vannes
Du 26 au 30 janvier, Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, centre dramatique national,
Bordeaux
Les 04 et 05 février, Les Quinconces L’espal, Scène nationale, Le Mans
Du 10 au 12 février, Théâtre Romain Rolland, scène conventionnée, Villejuif
Les 17 et 18 février, Comédie de Colmar Centre dramatique national Grand Est Alsace
Les 05 et 06 mars, Théâtre Gérard-Philipe, Champigny-sur-Marne
Les 10 et 11 mars, Le Grand R, Scène nationale, La Roche-sur-Yon
Les 24 et 25 mars, Équinoxe, Scène nationale de Châteauroux
Les 30 et 31 mars, Centre dramatique national de Normandie-Rouen

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