Théâtre

Le quai de Ouistreham

z007

 

Il y a une dizaine d’année, la journaliste Florence Aubenas transcrivait 6 mois d’immersion dans la vie d’agent d’entretien en province. Pourquoi ?

Parce qu’il y a un peu plus de dix ans, nous subissions la Crise de 2009 et qu’en tant que journaliste elle s’interrogea sur cette fameuse crise : qui était-elle vraiment ? Elle décida donc de s’y confrontée en s’immergeant dans la vie d’une travailleuse précaire afin de pouvoir en saisir les nuances et ainsi pouvoir écrire à son sujet de façon précise. Elle se fixe la limite de revenir à sa vie précédente dès qu’on lui proposera un CDI.

Elle déménage à Caen, ville moyenne idéalement ni trop loin, ni trop proche de Paris, et elle s’invente un nouveau profil : femme seule récemment divorcée, ayant le bac et n’ayant jamais travaillé… aussitôt le Pôle Emploi l’oriente vers une formation aux métiers d’entretien d’une durée d’une journée (bigre c’est sacrement long !). Comme il est justement dit dans le texte, « on ne cherche pas du travail, mais des heures… » Oui il faut être prête à prendre toutes les heures qu’on vous propose pour gagner de quoi survivre et accepter de devenir une ‘invisible’ car ces femmes qui nettoient nos bureaux démarrent leur journée très tôt, bien avant notre arrivée au bureau et les terminent souvent très tard. Le monde est impitoyable quand pour chaque dépense on doit compter les pièces qui restent dans le porte-monnaie.

Je n’avais pas lu le Quai de Ouistreham à sa sortie et c’est ce qui a motivé ma venue au théâtre pour le découvrir car j’apprécie la journaliste depuis longtemps. Le texte de Florence Aubenas est précis et incisif sans tomber dans le dramatique.

Il n’y a qu’un paperboard et une chaise sur scène et cela suffit à nous emmener dans le combat quotidien d’une travailleuse précaire. La mise en scène de Louise Vignaud est dépouillée du superflu, on vise l’essentiel !

Magali Bonat porte la voix de toutes ces femmes sur scène avec des accents de vérité et un jeu sobre très fluide. Je suis tombée sous son charme.

Alors certes comme disait le nouveau co directeur du Théatre 14 lors de l’inauguration,’ on ne va pas rire’ avec cette pièce mais ce texte demeure essentiel pour ne pas perdre de vue tout ce qu’il décrit. Un moment fort.

En tournée :

Théâtre 14, jusqu’au 15 mars 2020

Théâtre de la Croix Rousse, Lyon, du 19 au 28 mars 2020

Scène Nationale de Sète, du 31 mars au 4 avril 2020

z006

Photo Rémi Blaquez

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s