Surprise

Restauration de tableau chez Marion Boyer et sa collaboratrice Isabelle Bozzi

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Aujourd’hui, nous sommes reçus dans l’atelier de Marion Boyer et c’est sa collaboratrice Isabelle Bozzi qui nous parle avec une passion non feinte de son métier et des projets en cours.

Ce métier existe depuis la création des musées nationaux au 18ème siècle. Pour devenir restauratrice de tableaux, Isabelle a suivi une formation en histoire de l’art puis une spécialisation en restauration de tableaux où elle a reçu, entre autres, des cours de chimie. Marion Boyer est restauratrice de tableau et aussi spécialisée dans les œuvres asiatiques, elle travaille notamment avec le musée Guimet.

Nous découvrons les principes suivants, visant à respecter l’intégrité matérielle, esthétique et historique de l’œuvre :

  • Le respect de l’authenticité de l’œuvre
  • La réversibilité : toute intervention doit pouvoir être enlevée sans danger pour l’œuvre
  • La stabilité : les matériaux de restauration utilisés doivent être compatibles avec les matériaux originels du tableau. Imaginez le drame d’utiliser un produit qui se décolore au bout de quelques années après son application.
  • La lisibilité : consiste à redonner une bonne lecture de l’ensemble de la composition.

Les produits utilisés proviennent de magasins spécialisés dans la fabrication de produits spécifiques à la restauration de tableaux. L’atelier utilise et prépare ses colles qui sont naturelles (colle de peau de lapin, colle de poisson …) selon les recettes traditionnelles.

Il y a plusieurs étapes pour restaurer un tableau qui varient selon les dommages qu’a reçu le tableau : démontage d’un tableau de son châssis, protection de la toile avec du papier Bolloré® ou papier Canson® appelé « cartonnage », rentoilage, refixage des écailles, nettoyage de la couche picturale encrassée par le temps, allégement du vernis oxydé, retouche des lacunes etc.

Mais avant toutes ces étapes et le tableau nécessite préalablement un examen approfondi. L’analyse des matériaux et de l’état de conservation du tableau conduit à un « diagnostic ». Cela permettra d’élaborer un projet d’intervention adapté et spécifique à l’œuvre et déterminer qu’elles seront les méthodes et les produits choisis.

Car chaque œuvre est unique.

Ainsi le tableau est examiné à la lumière naturelle, puis sous lumière artificielle, puis sous lumière tangentielle et enfin sous UV. D’ailleurs nous avons regardé une toile en compagnie d’Isabelle sous UV, c’est impressionnant ce qui se révèle : le vernis (en vert), les retouches (les taches foncées), les repentir…   Regardez ci-dessous :

Il y a aussi des tests réalisés avec des cotons imbibés de solvant (on commence par le moins concentré puis on augmente la force du solvant selon les résultats) pour voir comment se comporte le vernis.

Le chantier du moment à l’atelier occupe une large place : il s’agit d’une pièce asiatique provenant d’un musée proche de Chicago qui est restée longtemps enroulée dans les réserves du musée : les restauratrices ont imaginé une ‘chambre humide’ avec un système d’humidification pour remettre en planéité le tissu qui était tout froissé. Là où la soie a disparue, des incrustations de toiles vont être positionnées.

C’est un travail de précision et de patience !

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Je suis admirative du travail qui est accompli lors d’une restauration, nous avons vu quelques exemples avant /après, c’est bluffant ! Un métier à découvrir !

 

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