Théâtre

Mary said what she said

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Mary Stuart, figure iconique de l’Histoire au triste destin, va à ravir à Isabelle Huppert qui pendant une heure trente fait revivre l’unique Marie d’Ecosse et des iles, seule sur un plateau dépouillé de tout décor. Elle est uniquement accompagnée par des lumières et une ambiance sonore qui auront toute leur importance au cours des trois parties de ce monologue de Darryl Pinckney où elle fait le bilan de sa vie, pour le moins agitée, la veille de son exécution après une vingtaine d’années d’enfermement.

Mary apprend qu’elle va être exécutée par décapitation, car elle a, selon ses accusateurs, comploté contre Elisabeth 1er sa cousine, reine d’Angleterre. Elle passe et repasse ses souvenirs dans un ordre qui lui est propre, aussi je vous conseille de vous pencher sur sa vie auparavant sinon on peut se trouver un peu désorienté. Il y  a quelques souvenirs qui sont de bons moments au milieu d’une vie assez tourmentée. Jusqu’à la conclusion : la lettre émouvante qu’elle a écrite au roi de France Henri III la veille de sa mort. Il faut dire que si les évènements s’étaient enchainés différemment, Mary aurait pu être Reine de France, d’Angleterre et d’Ecosse mais à la place, elle a été veuve à 17 ans du roi de France François II, son second époux fut assassinée, elle été séparée de son fils qu’elle ne verra pas grandir et puis il y a eu ses multiples arrestations et emprisonnements. Gageons qu’un jour, nous assisterons à une version alternative de l’histoire de Mary Stuart.

Vêtue d’une robe majestueuse et pourtant d’une grande sobriété, Isabelle Huppert apparait sur scène, immobile au fond de la scène, son corps n’est visible qu’à contre-jour et je me suis demandée si elle était face à nous ou de dos. Ce sont les éclairages de Robert Wilson qui sont assez violents (presque fluorescents fut mon ressenti, au point que j’ai chaussé mes lunettes aux verres jaunes pour la conduite de nuit pour l’ensemble de la pièce) qui éclipsent les traits de Mary Stuart. L’effet est saisissant, le poids des mots prononcés est d’autant plus fort, le débit de la voix est impressionnant et fluide. Puis la lumière change et nous découvrons enfin le visage martial d’Isabelle Huppert qui se confond avec Mary Stuart. Le jeu de clair-obscur va durer toute la pièce avec une parfaite maitrise : Robert Wilson est un maitre. Ses effets lumineux sont accompagnés en parfaite harmonie par la superbe musique de Ludovico Einaudi. Lumières et musique emplissent l’espace vide de la scène et suffisent pour animer le plateau.

Une version saisissante de la vie de Mary Stuart.

 

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Photo Lucie Jansch

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