Pièce contemporaine

Moi, la mort, je l’aime comme vous aimez la vie

z240

 

Fan de théâtre comme je suis, j’ai suivi l’été dernier la ‘polémique’ d’Avignon sur cette pièce sans en comprendre le pourquoi car où est l’apologie du terrorisme dans cet échange plutot fidèle entre la police et Mohamed Merah ? Puis j’ai su que la pièce allait être jouée à Rouen et j’ai profité de l’occasion pour y aller car aucunes autres dates n’étaient annoncées afin de me faire ma propre idée.

Grand bien m’en a pris car c’était la dernière fois qu’elle était jouée comme nous l’a malheureusement confirmé l’équipe de la pièce lors du débat proposé en fin de pièce.  Il y a donc eu la pièce mais aussi, un débat avec l’auteur Mohamed Kassimi et le metteur en scène qui est aussi celui qui interprète le terroriste : Yohan Manca.

Alors, je n’irai pas par quatre chemins : cette pièce est nécessaire et elle est très bien faite que ce soit au niveau du fond qui est une transcription des 30 dernières heures de Mohamed Merad, qu’au niveau de la forme avec ce mur qui sépare la scène en deux et puis il y a les réflexions que cette pièce engrendre et ça c’est vraiment important.

Comme celà a été dit, c’est une transcription des derniers échanges entre la police et Mohamed Merah qui est acculé à son domicile, publiée par Libération, pourquoi douterions nous de la véracité des verbatims présentés ? Oui, il y a des échanges surprenants au cours de ce dialogue mais cela fait parti  de la négociation entre un policier et le terrorriste, il y a aussi des phrases choc qui font mal et qui vous marquent : « Ce sont pas des enfants, ce sont des cibles ». Il y a deux comédiens, oui car ils sont bien deux il n’y a pas que le terroriste on stage, le négociateur de la police (Charles De Van de Vyever qui est excellent) est aussi important que le terrorriste et tous les deux forment un couple particulier, on sent qu’il se connaissait déjà (il était déjà fiché, il avait été convoqué), les échanges sont parfois très personnels. Ma perception de cet échange est que ça a été reproduit de façon réaliste.

Ce qui m’a frappé en entrant dans la salle du Rexy, c’est l’ambiance sonore et lumineuse créé pour la pièce, on se sent oppressé par l’ombre et le bruit. La salle est plutot petite, nous sommes sur des bancs avec une grande proximité avec les comédiens, on vit l’histoire avec eux même si on connait déjà la fin. La tension monte progressivement et la scène finale est saisissante car elle rappelle à la fois les conversations qui viennent d’avoir lieu et aussi  nous font réflechir à ce qui peut provoquer un basculement vers l’enfer de la violence.

Le mur qui sépare les deux protagonistes est symbolique et pourtant ils en jouent merveilleusement bien : lui tournant le dos ou s’éloignant quand Momo se replie sur lui même ou alors quand le négociateur fait face au mur comme s’il voulait parler face à face avec Momo pour gagner sa confiance.

Bref, j’ai beaucoup aimé et je ne peux que regretter que cette pièce ne soit plus jouée car elle permet le débat… Débattre c’est échanger ses idées de façon civile.

 

 

Un commentaire sur “Moi, la mort, je l’aime comme vous aimez la vie

  1. Ultra intéressant, c’est vraiment dommage que la pièce ne se joue plus j’y serais allée sans hésiter. Il faut plus de pièces comme ça, qui ont dû sens et qui éveille l’esprit critique du spectateur… Très bon article 🙂

    Aimé par 1 personne

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