Concert classique

La Bohème

Photo Guergana Damianova

A l’Opéra Bastille, vous pouvez décoller à bord de la navette Bohème à destination de l’espace et du passé pour revivre une mélancolique histoire d’amour. La fusée de Claus Guth est de retour sur le plateau où elle avait fait sensation en 2017 lors de sa première apparition scandalisant le public comme jamais. La romantique histoire de Mimi et Rodolfo revue à la sauce spatiale divise encore le public mais avec nettement moins de virulence cette année. Coincés dans un vaisseau spatial en perdition, Rodolfo et ses amis se remémorent le passé avec nostalgie avant de mourir. Quand le rideau se lève et laisse découvrir l’intérieur d’une capsule spatiale (décor grandiose d’Etienne Pluss), nous pensons immédiatement à des films de science fiction comme 2001, l’odyssée de l’espace.

Ailyn Perez, l’héroïne Mimi, apparait toute de rouge vêtue dans la première partie, fait penser à un fantôme. Un fantôme qui bouge un petit peu trop souvent et trop vite être vraiment spectrale mais sans doute suit-elle les indications de jeu du metteur en scène. La soprano nous offre une belle prestation avec sa voix ronde tout en nuance même si ses aigus semblent restreints. Slavka Zámečníková qui fait ses débuts à l’Opéra de Paris est son amie Musetta, compagne mutine à la voix cristalline.

Rodolfo est incarné par Joshua Guerrero qui débute aussi à Bastille. Sa présence est très imposante, le ténor donne de sa personne et cela se ressent lorsqu’il est en solo, il y a une petite crispation des aigus mais le reste est très bien. Andrzej Filończyk est Marcello. Le baryton possède une voix qui dégage une force tranquille ronde et rassurante pour ses compagnons. Giancula Buratto, débutant lui aussi, joue les rôles de Colline et Benoît apporte une basse vibrante et chaude qui séduit le public. Shaunard c’est Simone Del Savio, son chant et son jeu sont très expressifs.

Le chœur de l’Opéra de Paris est peu présent sur scène mais il répond présent avec un son lumineux sous la direction de Ching-Lien Wu.

La direction dynamique de Michele Marlotti apporte rondeur et souplesse sans effusion à cette partition mélancolique.

Un personnage se démarque, c’est le maître de cérémonie Virgile Chorlet, autre débutant à Bastille, qui ne dit mot mais dont la présence lunaire annonciatrice de la fin funeste, apporte une licence poétique tout comme la foule et les artistes de cirque qui surgissent comme des bulles de souvenirs qui flottent devant nos yeux émerveillés puis qui éclatent pour disparaitre comme un mirage.

A l’Opéra Bastille jusqu’au 4 juin 2023

Photo Guergana Damianova

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