Concert classique

La Cenerentola

Photo Julien Benhamou

Le Prince Ramiro doit se marier et cherche une épouse honnête et bienveillante. Son tuteur, le philosophe Alidoro, s’est déguisé en mendiant et a repéré dans la demeure du baron Don Magnifico une jeune fille pouvant répondre au souhait du Prince. Sa famille de compose d’un beau-père tyrannique à son encontre et deux demi-sœurs Clorinda et Tisbe semblables à des harpies.

Après les succès du Barbier de Séville et d’Otello en 1816, Gioacchino Rossini, âgé de 25 ans, compose en quelques semaines (début 1817) ‘La Cenerentola, ossia La bontà in trionfo’ (Cendrillon ou le triomphe de la bonté) pour le Teatro Valle de Rome par le librettiste Jacopo Ferretti, s’inspirant du conte éponyme de Charles Perrault. Pour gagner du temps, Il reprend des airs de ses précédents succès, notamment l’ouverture de ‘La Gazzetta’.

Photo Julien Benhamou

Cette reprise de La Cenerentola mise en scène par Guillaume Gallienne a le mérite de mettre en valeur les personnages : le Prince est boiteux, les deux chipies de sœurs de notre héroïne sont très sobres dans leur habillement,… Bref, c’est le jeu des chanteurs qui va être mis en valeur. De plus, le décor sombre et un brin inquiétant d’Eric Ruf renforce cette sensation de sobriété. Le coté merveilleux du conte avec la fée et la transformation magique est oublié, nous sommes dans un univers réaliste.

La direction de Diego Matheuz peut sembler un peu austère pendant l’ouverture qui est assez longue mais il s’anime et mène l’orchestre avec finesse et nuance jusqu’à un final très vivant. L’orchestre et les Chœurs de l’Opéra lui répondent d’une seule voix.

Gaëlle Arquez est donc Angelina (Cendrillon) à la voix élégante, parfaitement à l’aise dans le jeu et notamment pour exprimer la timidité. Pour lui donner la réplique, son prince est interprété par Dmitry Korchak (qui nous avait laissé un superbe souvenir lors du Rigoletto de Claus Guth) le talentueux ténor nous séduit de sa voix posée avec justesse. Il charme les spectateurs avec l’air ‘Si ritrovarla’, jouant aussi parfaitement avec sa jambe blessée pour attirer la sympathie.

Photo Julien Benhamou

Que dire de la bonne fée et où est la pantoufle de verre ? C’est Luca Pisaroni qui incarne le mystérieux philosophe Alidoro en lieu et place de fée et c’est un bracelet qu’il confie à Angelina. Sa présence est à la fois rassurante pour Angélina et inquiétante pour sa belle-famille. Sa voix vibrante nous fait chaud au cœur. Carlo Lepore est parfait dans son rôle du beau-père tyrannique et il est parfaitement à l’aise dans le jeu de scène, à noter le debut de l’acte deux où il est seul devant le rideau encore baissé (‘Sia qualunque delle figlie’) et qu’il séduit le public avec son air cabotin. Il y a aussi son duo avec Vito Priante (Dandini) un peu plus tard où le comique de la situation l’emporte sur le chant. Vito Priante est donc un Dandini remarquable. Le baryton connait déjà le rôle : il le joue et le chante avec beaucoup de talent. Il sera ovationné par le public.

Photo Julien Benhamou

Reste le duo des sœurs d’Angelina parfaitement assorties : la soprano Martina Russomanno (Clorinda) et la mezzo Marine Chagnon (Tisbe) mêlent souvent leurs voix et c’est très harmonieux car leurs tessitures respectives se complètent fort bien.

C’est un succès auprès du public !

A l’Opéra Garnier jusqu’au 9 octobre 2022.

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