Théâtre

Tu te souviendras de moi

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On ne dit jamais son nom et pourtant on la reconnait rapidement… Cette maladie qui altère la personnalité des gens, qui détruit les souvenirs en commençant par les plus récents… Elle a une place centrale dans cette histoire de Patrick Archambault et adaptée pour le théâtre par Philippe Caroit.

Nous partageons un moment de le vie d’Edouard et de sa famille. Edouard est un celèbre professeur et historien à la retraite qui démontre volontiers et avec une certaine lucidité que le monde moderne n’est pas bon pour l’humain car trop d’info tue l’info.  Il a une mémoire exceptionnelle des dates, les dates de guerre surtout, les changements de régime… Mais Edouard ne se souvient pas de ce qu’on vient juste de lui dire…

La pièce est construite sur Edouard et sa maladie et il fallait un comédien de talent pour incarner ce grand homme qui perd ses capacités à vivre dans le même monde que sa famille : Patrick Chesnais est l’homme qu’il faut pour ce rôle à la fois fragile et bouleversant mais aussi drôle et colérique. Nous voyons comment la maladie mine un homme et son entourage, leurs souffrances et leurs déchirements. Cependant le ton n’est pas larmoyant, on n’est pas dans le pathos. On est plutôt dans des situations qui peuvent faire rire ou émouvoir. Néanmoins, la pièce nous interroge directement sur comment réagirerions nous si nous perdions petit à petit notre relation au monde réel ou si ça touchait un de nos proches.

Patrick Chesnais est parfaitement entouré par une jolie brochette de comédiens : Nathalie Roussel qui joue sa femme, Fanny Valette (?), Frédéric De Goldfiem (le compagnon de sa fille) et Emilie Chesnais (sa fille). Il faut noter que le personnage joué par Fanny Valette est particulier, vous le découvrirez en voyant le pièce. J’ai beaucoup aimé son jeu.

La mise en scène de Daniel Denoin avec ses projections floutées nous donne l’impression d’être dans la confusion de l’univers mental d’Edouard, c’est réussi ! Un léger bémol cependant : on aurait gagné à resserrer un peu la fin de la pièce qui tarde un peu à arriver.

Le public fait une ovation aux comédiens et plusieurs spectateurs ont les yeux humides tout comme les comédiens.
Un beau moment de théâtre.

Au Théatre de Paris, salle Réjane, jusqu’au 7 Octobre 2018.

De Patrick Archambault, adapté par Philippe Caroit, mis en scène par Daniel Denoin.

Avec Patrick Chesnais, Nathalie Roussel, Fanny Valette, Frédéric De Goldfiem et Emilie Chesnais

 

 

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