Classique

Un mois à la campagne

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Tourgeniev m’a fait penser à Tchekhov alors que dans la réalité il me semble que c’est Tchekhov qui s’est inspiré de Tourgeniev. J’ai découvert la littérature russe avec Tchekhov et je suis devenue fan de cette capacité à nous livrer un morceau de vie où le temps semble s’étendre en longueur tout en baignant dans un romanstisme si typique des romans russes.

Un mois à la campagne ne fait pas exception à la règle, nous voilà transporté au sein d’une famille bourgeoise en vilégiature à la campagne. Plongé dans le monotone quotidien de Natalia Petrovna, la maitresse de maison, qui voit s’illuminer son univers grâce au précepteur de son fils Kolia en la personne d’Alexei Nicolaitch, elle ressent l’émoi amoureux pour la première fois comme une adolescente. Elle n’est pas seule à succomber au charme juvénile du précepteur, il y aura Véra Alexandrovna, la pupille de Natalia. Il y a aussi l’ami et érudit Rakatine au rapport trouble avec Natalia mais qui ne saura comment exprimer ce qu’il ressent.

L’adaptation du texte par Michel Vinaver est simple et précise, la mise en scène épurée d’Alain Françon sert le texte au plus juste, enfin sa direction des comédiens achève un bien joli tableau. La scène peut sembler vide par moment mais l’impression générale est que nous sommes au coeur de la famille russe.

Coté comédiens, celui qui m’a ébloui toute la pièce, c’est Micha Lescot dans le rôle de Rakitine, son allure élégante et son air un peu distant. Il magnifie le rôle de l’amoureux contrarié tout en portant un regard lucide sur ce qui se déroule dans cette datcha. Nicolas Avinée, déjà vu dans « vu du pont », nous sert est un précepteur tout en jeunesse fougueuse. Je gage qu’il continuera encore à imposer sa jeunesse encore un certain temps sur les plateaux. Catherine Ferran est juste magnifique et quelle belle idée de terminer le pièce sur un fondu au noir assez lent sur elle. Anouk Grinberg est une belle Natalia Petrovna qui passe sans difficulté de la femme mûre à l’adolescente transie d’amour mais dont la voix et son phrasé si caractéristique me hérisse malheureusement toujours autant le poil.

Très léger bémol, l’affiche du spectacle qui ne nous plonge pas dans l’ambiance.

La balade russe ne dure pas un mois mais deux heures au Dejazet et c’est un bon moment.

 

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