Lecture

Vie et mort de l’homme qui tua John F. Kennedy

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Chaton. Anne-James Chaton.

Qu’est ce qui a bien pu pousser ce poète sonore, rompu aux collaborations musicales et aux lectures publiques, à s’intéresser à l’un des évènements les plus mystérieux et controversés de notre histoire contemporaine ?

C’est justement ce titre que je vous propose de juger. Aussi, faites entrer l’accusé … littéraire !

John Fitzgerald Kennedy … La seule prononciation de ces prénoms et de ce nom, ou plus simplement des lettres J.F.K., suffit à enflammer n’importe quelle conversation. Qui n’a pas, un jour, échafaudé une théorie, plus ou moins réaliste, sur ce qui s’est passé ce 22 novembre 1963 à Dallas ?

Simple habitant de ce monde ou illustre membre de l’univers littéraire, cinématographique ou politique, peu sont ceux ayant échappé à ce sujet. Aujourd’hui, on ne compte plus les livres, les romans ou les films. Si je vous dis J.F.K., nombreux sont ceux qui, certainement, me répondront Oliver Stone … ou Stephen King. L’assassinat est pour les auteurs une source inépuisable d’inspiration, qu’il s’agisse de relater les faits, de tenter de percer le mystère ou de le prendre pour toile de fond d’un récit fictionnel.

Dans lequel de ces cas Anne-James Chaton se situe ? Aucun.

Ici, l’auteur ne focalise pas son regard sur l’assassinat lui-même. Il ne fait d’ailleurs même pas du président américain un personnage de son récit. Non. Bien au contraire, il va s’intéresser à l’univers gravitant autour de lui et au mécanisme ayant mené à ce jour fatidique. Et quel meilleur personnage pour cela que le futur accusé : Lee Harvey Oswald.

Vie et mort de l’homme qui tua John F. Kennedy est une enquête minutieuse et passionnante, décortiquant la vie de celui qui deviendra, pour l’Histoire, l’assassin unique du président et d’un officier de police. Si bien souvent, les auteurs se plaisent à analyser les faits, ici, Anne-James Chaton se limite à énoncer les faits. Au fil des pages, il vous livre le vécu de cet homme : son enfance, sa vie maritale, sa carrière, sa psychologie (parfois difficile à saisir), ses certitudes et ses doutes … Toutefois, à aucun moment, l’auteur ne porte de jugement. A vous, lecteur, de savoir lire entre les lignes et de vous faire votre opinion. Car c’est ici une grande force de ce livre. Vous n’êtes pas un simple lecteur, mais tout à la fois un enquêteur, un psychologue, un anthropologue ou un juge … et, à chaque page, cette entêtante impression que l’auteur vous murmure : « alors, coupable ou non ? »

Anne-James Chaton réussit le tour de force de nous faire lire un pan d’histoire comme un roman. C’est passionnant et, pour être honnête, on a du mal à lâcher sa lecture. Pourquoi ?

Bien sûr, le sujet choisi n’y est pas étranger. L’assassinat du Président Kennedy attise les passions depuis de nombreuses années. Coup de folie ou coup d’Etat ? L’Histoire le dira … peut-être … un jour … ou pas.

Au-delà de la vie de Lee Harvey Oswald, l’intérêt de ce livre tient à son écriture. Pour être honnête, j’avoue que j’ouvrais celui-ci avec une certaine appréhension. Je m’explique. Avant d’entamer cette histoire, je m’étais plongé (le terme n’est pas mal choisi) dans L’Affaire La Pérouse, du même auteur. Alors que je m’attendais à une enquête en bonne et due forme, je me suis retrouvé face à un O.V.N.I. littéraire. Inutile de dire que j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le récit … d’ailleurs, je crois être resté au port. Par conséquent, me saisissant de Vie et mort de l’homme qui tua John F. Kennedy, un moment de doute s’est emparé de moi. Un doute qui s’est cependant rapidement évaporé … Agréable à lire, il comporte une construction particulièrement intéressante, alternant récit, points de vue de divers personnages (sous la forme de témoignages) et dialogues. Ce n’est donc plus le récit d’un narrateur que le lecteur a entre les mains, mais une histoire semblant prendre vie sous ses yeux.

A celui qui s’attend à relire un énième ouvrage détaillant le moment de l’assassinat, il sera déçu. De manière très intelligente, l’auteur a suggéré ce moment. Quelques phrases fortes suffisent à faire ressortir le drame de cet instant … Toutefois, en revivant ce 22 novembre 1963, l’auteur ne porte pas son regard sur le cortège présidentiel descendant Dealey Plaza. Non, c’est comme s’il avait fait le choix de se mettre dos à la route et d’observer attentivement le reste de la scène. Le public présent. Les policiers et les services secrets affairés. Un immeuble situé à l’angle des rues et dont le nom est désormais connu de tous, le Texas School Book Depository. Une fenêtre de laquelle semble scintiller un objet cylindrique. Des bruits résonnant comme des pétards … La suite est connue.

A l’heure de refermer ce livre, quel est mon impression ? Etrange. Je m’attendais à une certitude, j’en ressors avec des doutes. Concernant l’assassinat bien sûr, mais également quant à celui désigné comme l’assassin. Son attitude, ses non-dits, ses zones d’ombre contribuent à faire de lui un personnage, à bien des égards, aussi inquiétant qu’intriguant.

Vie et mort de l’homme qui tua John F. Kennedy est un roman réel à dévorer sans hésitation.

Accusé Anne-JamesChaton, vous êtes acquitté !

 

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