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Exposition Belmondo le Magnifique

La Cinémathèque française propose une rétrospective sur l’itinéraire fulgurant de Jean-Paul Belmondo, disparu en 2021. Conçue par Clémentine Deroudille en collaboration avec la famille de l’acteur, cette exposition ne se contente pas de documenter une carrière : elle affirme une présence toujours vivante.

Le parcours chronologique propose des objets chargés de mémoire : le feutre de Borsalino, le blouson de cuir troué de Peur sur la ville, une correspondance de Jacques Mesrine. Ces pièces rappellent que derrière les images de cinéma se cachait un homme qui prenait des risques, qui se jetait dans l’action sans calcul. Car Belmondo n’était pas un acteur qui se contentait de réciter : c’était un athlète du jeu, un créateur qui exécutait lui-même ses cascades, qui mettait son corps en première ligne.

Affiche japonaise de Pierrot le fou

Ce qui frappe dans cette rétrospective, c’est l’absence de hiérarchie. Les salles consacrées à la Nouvelle Vague et à Jean-Luc Godard occupent le même espace que celles dédiées aux films d’action des années 1980 de la période Bebel, quand Belmondo était devenu une marque, produisant un thriller par an avec une régularité de machine bien huilée. Cette égalité de traitement dit quelque chose d’essentiel : Belmondo n’a jamais cessé de se réinventer, passant sans complexe de Godard à Lautner, de la Nouvelle Vague aux productions commerciales, toujours avec la même énergie communicative.

Les 10 années de pause cinématographique où il s’est consacré au théâtre ne sont pas oubliées, il a joué des rôles emblématiques : Kean, Cyrano,…

Le film À bout de souffle reste le point de basculement. Ce film de 1960 a transformé le cinéma mondial, et avec lui, Belmondo. Sa façon de se mouvoir devant la caméra était nouvelle : un mélange de désinvolture et d’élégance naturelle qui contrastait avec l’académisme des générations précédentes. Tous les grands réalisateurs du moment ont voulu le diriger : Sautet, Malle, Truffaut…

L’exposition met l’accent sur cette dimension physique qui définissait Belmondo. Son corps d’athlète, son goût pour le risque, ses cascades légendaires : tout cela constitue la matière même de son art. Ce n’était pas du spectaculaire gratuit, mais l’expression d’une philosophie : le cinéma doit être vivant, incarné, authentique.

Le dispositif scénographique renforce cette présence. De grandes silhouettes de l’artiste pendues au plafond parsèment les salles, des projections monumentales le ramènent à la vie. L’exposition propose même une expérience interactive où le visiteur peut imiter ses cascades, entendre ses répliques cultes. C’est une manière de dire que Belmondo n’appartient pas au passé : il continue de nous inspirer.

A la Cinémathèque française jusqu’au 31 janvier 2027

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