
Au Théâtre de l’Atelier, Charles Berling signe la mise en scène de « C’est si simple l’amour », texte inédit en France du dramaturge suédois Lars Norén.
Un huis clos implacable où quatre personnages se déchirent mutuellement. La soirée débute dans l’euphorie trompeuse d’une première théâtrale. Deux couples émergent : Robert et Alma, comédiens vedettes, accueillent chez eux Jonas, psychologue, et son épouse Hedda, actrice reléguée aux seconds rôles sur le déclin. Les congratulations fusent, l’alcool coule à flots. Mais sous le vernis festif, une catastrophe se prépare. « Une putain de bonne représentation », lance-t-on d’emblée. Tout est dit, et pourtant tout est faux. Cette première fut un échec cuisant, vérité que personne n’ose formuler. Lars Norén construit son drame sur ce non-dit central : l’effondrement artistique qui menace l’existence même de ceux qui n’ont fait de l’art qu’une raison de vivre.
Charles Berling impressionne dans le rôle de Robert, jouant sur la corde raide de l’ivresse. Caroline Proust compose une Hedda bouleversante oscillant entre rire forcé et dépression , Bérengère Warluzel incarne Alma à la violence éruptive, et Alain Fromager complète le quatuor en observateur qui vient enfoncer la tête sous l’eau à celui qui essaye de fuir le carnage La langue ne prend aucun détour : les mots deviennent crus, profondément blessants.
Dans l’univers implacable de Norén, il y a le cynisme, la colère, la jalousie et le désespoir qui passent la soirée ensemble.
Au théâtre de l’Atelier jusqu’au 1er juillet 2026
