Théâtre

Expo Nan Goldin ‘This Will Not End Well’

Le Grand Palais accueille jusqu’au 21 juin 2026 cette première rétrospective française consacrée à l’œuvre de Nan Goldin. Loin d’être une simple exposition photographique, ce parcours révèle la dimension filmique d’une artiste qui n’a cessé de mélanger les images fixes et le récit visuel et musical. Ne vous attendez pas à défiler devant des photographies accrochées au mur, les unes après les autres mais découvrir un travail multimédia. This Will Not End Well n’est pas une simple exposition comme les autres. Passionnée de cinéma, la photographe américaine a fait le choix de nous embarquer dans une visite immersive faite de six petites salles de projection ou pavillons. Il faut compter 2h30 pour tout voir car pour certains pavillons, le diaporama proposé peut durer plus de 3/4h.

Six créations majeures, retraçant donc 50 ans d’ambivalence, jalonnent ce parcours. The Ballad of Sexual Dependency (1981-2022), pièce maîtresse de 700 diapositives défilant sur 47 minutes, constitue le cœur de l’exposition. Ce journal intime visuel documente l’existence à New York, Berlin et Londres des seventies aux nineties, capturant avec une crudité une génération qui connut la liberté avant l’épidémie de sida. Projeté initialement dans les clubs underground new-yorkais, ce diaporama s’accompagne d’une bande-son éclectique (Charles Aznavour, Bronski Beat, le Velvet Underground,…) qui adoucit le message plutôt dur des photographies proposées. Certains clichés mériteraient de figurer dans une galerie dédiée mais ils sont noyés dans le diaporama.

The Other Side (1992-2021) rend un hommage à la communauté trans que Goldin a photographiée entre 1972 et 2010. Sisters, Saints, Sibyls (2004-2022), présenté dans la chapelle de la Salpêtrière, aborde le traumatisme familial et le tabou du suicide, drame personnel de l’artiste lorsque sa sœur Barbara se suicida à 18 ans. Ce sont les installations les plus clivantes.

Exploration des zones sombres de l’homme avec les deux installations : Memory lost et Sirens. Memory Lost (2019-2021) plonge dans le sevrage et la dépendance aux opioïdes. Sirens (2019-2020) propose l’expérience inverse: une immersion dans l’extase de la drogue. Stendhal Syndrome (2024), l’œuvre la plus récente, s’inspire des Métamorphoses d’Ovide pour explorer ce vertige ressenti face à la beauté écrasante de l’art, mêlant tableaux de maîtres mis en parallèle de portraits de ses proches dans un tourbillon lyrique. 

Il faut noter que ce sont des photos qui sont à la base du travail vidéo : on est plongé dans le quotidien de l’intimité de la communauté queer qui fut la communauté d’adoption de Nan Goldin. Une visite qui ne vous laissera pas indifférent qui sort des sentiers battus.

Françoise et Valérie

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