Théâtre

On ne se mentira jamais

Un simple accident automobile suffit à ébranler vingt-cinq ans de mariage. Marianne et Serge, couple apparemment harmonieux, voient leur quotidien basculer dans la méfiance et l’enquête domestique.

Éric Assous, lauréat du Molière de l’auteur francophone en 2015 pour ce texte, signe une comédie incisive sur les relations amoureuses. Sa plume vive explore comment le soupçon agit comme un poison insidieux, révélant progressivement les secrets enfouis.

Évelyne Bouix rayonne dans ce rôle de détective amoureuse. Elle nous semble d’abord étouffante de jalousie face à un mari étonnamment patient, semblant orchestrer la perdition de son couple, comme mue par le désir de tout remettre en question. Mais le spectateur ira ensuite de rebondissement en surprise jusqu’au dénouement habilement amené et qu’on reconnaît a posteriori comme inévitable.  Elle orchestre avec finesse les confessions successives, démêlant méthodiquement l’écheveau des mensonges. Nicolas Briançon compose un personnage désorienté d’une authenticité touchante, cédant terrain après terrain avec une vulnérabilité masculine crédible.

Dans un décor élégant signé Nicolas Sire, la mise en scène de Jean-Luc Moreau privilégie l’interprétation. Les dialogues ciselés, tantôt cyniques, toujours acérés, maintiennent une tension jubilatoire. Le public rit et s’interroge : qui dissimule le mieux la réalité ? Cette comédie questionne avec humour et cruauté les fragilités conjugales : qui n’a jamais caché quelque chose à son partenaire ? Comment être certain de connaître l’être qui partage notre vie ?

Un spectacle réjouissant qui nous rappelle que toute vérité n’est pas nécessairement bonne à révéler, et que le doute demeure un poison à effets dévastateurs.

Dominique et Valérie

Au théâtre de Paris jusqu’au 17 mai 2026

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