
Puisqu’il n’a jamais semblé aussi nécessaire de le redire, alors, redisons-le : la guerre, non merci !
Florent Aumaître prend le pari de dire avec tendresse, humour et cœur qui bat, ce que toutes les oreilles devraient entendre : la guerre, c’est dégueulasse !
Cette compilation de textes anti-guerre et anti-militaristes serait déjà très belle à n’importe quelle époque, et l’est encore plus dans notre époque si tourmentée. Ces textes dénoncent l’absurdité d’une violence gratuite et inutile. Ils célèbrent aussi la résistance et la désobéissance civile. Textes denses et à charge du colon, du militaire désabusé, du policier, agrémentés de chansons de Boris Vian (le déserteur, la java des bombes atomiques), de J. Brel (au suivant) et la version de Renaud du Déserteur et sur des textes de G. Perec, de Vian (le très acéré Problème du Colon), de J. Prévert …
Seul en scène, Florent Aumaître, remarquable, n’arrête pas une seconde, incarnant divers types d’engagés de force, car déserteur ou blessé, être soldat n’est pas un choix. Aucune justification donc à la guerre qui « contrairement aux abeilles et au chant des oiseaux » n’est pas en voie de disparition. La mise en scène d’Arnaut Schmitt, dépouillée et efficace, repose sur le comédien : Son jeu, excellent par le mime, la voix et la gestuelle, est amplifié par des jeux de lumière modulés au fil des textes.
Le texte de Vian, intitulé « le problème du colon », est très ironique mais tranchant à souhait. Le comédien talentueux délivre un texte d’une ironie cinglante sur l’absurdité et l’ignominie coloniale qui n’a absolument pas pris une ride. Ce texte accompagné de dessins résonne avec une force singulière en ces temps troublés.
Dominique et Françoise
A la Comédie des Trois Bornes jusqu’au 31 mai 2026.
