Pièce contemporaine

Juste la fin du monde

Jean Luc Lagarce nous sert un huis-clos familial où le retour du fils ainé parti depuis longtemps provoque des bouleversements inattendus. Les non-dits finissent par sortir et explosent la cellule familiale avec une violence inouie. La parole se libère le temps de son retour.

Il y a la mère, une vraie mère, qui porte à bout de bras ses enfants : le fils ainé Louis, le fils cadet Antoine et la petite soeur Suzanne, il y a aussi la femme du fils cadet Catherine.

Cette famille, pleine de ressentiments, désirs et conflits, nous fait vivre comme dans un ascenceur émotionnel et la proximité avec les comédiens dans la salle renforce cet aspect. On est captivé par l’ambiance.

L’ingénieux décor suspendu et la mise en scène sobre de Johanny Bert donne une dimension onirique à ce drame, est ce que ça s’est réellement produit ou est ce un rêve (ou cauchemar) de Louis quand il imagine ses retrouvailles familiales ?

Il y a aussi le plaisir de voir sur scène Astrid Bayiha qui incarne Catherine la pièce rapportée qui sait trouver sa place dans cette famille particulière, de s’enthousiasmer avec Céleste Brunnquell dans le rôle de Suzanne, d’admirer Christiane Millet en mère courage, de rester bouche bée devant Loïc Riewer, le frère cadet et sa tirade de fin bouleversante et d’apprécier le jeu décalé de Vincent Dedienne en fils prodigue. Les cinq comédiens ont un jeu toute en subtilité et finesse.

Bref, un moment privilégié.

Au théâtre de l’Atelier jusqu’au 22 mars 2025.

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