
Jacques Weber met en scène Ruy Blas de Victor Hugo, une pièce intemporelle selon lui. Ce qui explique le décor dépouillé et le peu de recherche des costumes. Le texte étant connu, le spectateur va donc se focaliser sur les comédiens.
Ce qui a motivé notre venue, c’est d’une part la bande annonce sur Youtube qui laissait présager d’une ambiance chevaleresque mâtinée de blockbuster et d’autre part l’idée de rencontrer une belle brochette de blogueurs passionnés de théâtre puisque la rencontre est à l’initiative des Théâtres et Producteurs Associés.
Jacques Weber est Don Saluste le revanchard machiavélique, il partage la scène avec une autre tête d’affiche : Kad Merad qui sera le flamboyant Don César. La maîtrise des grands rôles par ces deux là semble évidente et pourtant Jacques Weber est parfois inintelligible, on ne comprend pas ce qu’il dit. De plus, l’acoustique du théâtre Marigny est telle que lorsque un personnage se retrouve à parler dos au public, il devient inaudible…
Kad Merad est un Don César fameux et qui tient un rôle particulièrement réussi (très bel acte IV). Stéphane Caillard est une reine d’Espagne isolée qui semble un peu trop froide pour le climat méditerranéen mais qui tire son épingle du jeu. Ruy Blas est confié aux épaules sans doute encore un peu frêles de Basile Larrie, qui fréquente encore la classe libre du Cours Florent, et qui peine à exprimer toutes les nuances de jeu attendu pour ce rôle. Jean-Paul Muel est un Don Guritan posé à la tenue très correcte.
En plus de ce casting hétérogène et disparate, les différentes idées de mise en scène sont assez discutables : entremêler des serviteurs habillés en men in black ou des projections illisibles au déroulé de la pièce, ne font guère avancer l’intrigue. On peut légitimement s’interroger sur ces choix.
Au final, nous sortons assez déçus de classique.
Au théâtre Marigny jusqu’au 30 décembre 2023.
Remerciements aux Théâtres et Producteurs Associés pour l’organisation de l’évènement.
